Comment sont fabriquées nos charentaises ?
Un peu d’Histoire
La charentaise, c’est une très longue histoire française. Les premières paires de pantoufles sont fabriquées autour de 1670, à partir de chutes de feutres utilisés dans la confection d’uniformes militaires. Pourquoi parle-t-on de « charentaises » ? Parce que les premières paires sont conçues dans la région de Rochefort et d’Angoulême, en Charente. Deux cités alors riches de moulins à eau, utiles pour fouler la laine et fabriquer du feutre, matériaux indispensables à la fabrication de ces pantoufles. L’industrie papetière alors florissante le long du fleuve Charente produit elle aussi du feutre, dont les rebuts seront de plus en plus utilisés : la confection de ces pantoufles, à partir du XVIIème siècle, se développe et s’enracine dans la région.
Jusqu’au tout début du 20ème siècle, ces pantoufles (on ne parle pas encore de « charentaises ») sont essentiellement portées en dessous des sabots. Elles sont le plus souvent noires, de la couleur des rebuts de feutres ou de laine utilisés. On les appelle également « les silencieuses », car elles sont portées par les domestiques dans les chambres de leur maître pour circuler sans faire de bruit.
La véritable charentaise, telle qu’on la connaît de nos jours, apparaît en 1907, quand le docteur Jeva imagine le collage du feutre et se met à employer des couleurs vives et des motifs écossais.
En 2019, la charentaise obtient une IG, Indication Géographique.
Aujourd’hui, trois fabricants français répondent à l’IG : Rivalin à Quimper, Fargeot en Dordogne (Ce sont ces deux derniers qui sont nos partenaires) et l’Atelier Charentaises en Charente.
La fabrication d’une charentaise
1/ La découpe
La fabrication commence par la découpe des différents éléments qui formeront la charentaise. À partir des matières préparées en rouleaux, nos artisans découpent la tige, la semelle intérieure et la semelle extérieure. C’est une étape essentielle qui donne déjà la forme du futur chausson.
Une fois les pièces prêtes, la tige est assemblée et mise en forme grâce à une première couture. Nos artisans ajoutent ensuite un bord en tissu qui apporte à la fois confort et maintien. Petit à petit, la charentaise trouve son allure définitive.
3/ L'assemblage
La tige est ensuite fixée à la semelle, puis la partie intérieure est mise en place. Cette étape demande précision et régularité pour garantir un chausson stable, bien ajusté et agréable à porter. À ce stade, la charentaise apparaît… mais toujours à l’envers.
La dernière étape consiste à retourner entièrement la charentaise pour que toutes les coutures se retrouvent à l’intérieur. Réalisé à la main, ce geste donne sa souplesse au chausson et révèle enfin sa forme finale. Après ce retourné, la paire est prête à être portée.
Nos partenariats français : une filière complète et maîtrisée
Pour proposer des charentaises qui allient confort, qualité et authenticité, nous nous appuyons sur un réseau d’entreprises françaises dont le savoir-faire est profondément ancré dans leurs territoires. Chaque partenaire intervient à une étape clé, formant ensemble une filière locale et cohérente, depuis la fibre jusqu’au chausson fini.
Tout commence dans le Tarn, où notre fil 90% laine et 10% mohair est filé à la Filature du Parc à Brassac, puis teint par les ateliers Plo à Mazamet. Ce fil prend ensuite forme chez Tissage d'Autan, à Saint-Affrique, où il est transformé en étoffes destinées à devenir les futures tiges de nos charentaises.
Une fois le tissu prêt, il est confié au contre-colleur Château en Charente, chargé de lui apporter la structure nécessaire avant son passage en confection.
La dernière étape se déroule dans deux ateliers français spécialisés dans la pantoufle : Fargeot en Gironde et Rivalin en Bretagne, entreprise labellisée EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant). Selon les modèles et les semelles sélectionnées, ce sont eux qui assurent le montage final, avec un savoir-faire reconnu de longue date. Les semelles elles-mêmes proviennent des Établissements Tournier à Mazamet.
Grâce à cette chaîne de partenaires engagés, nous pouvons vous proposer des charentaises qui respectent les techniques traditionnelles françaises, tout en soutenant des ateliers qui perpétuent un savoir-faire d’exception.